{"id":720,"date":"2026-01-27T16:38:59","date_gmt":"2026-01-27T15:38:59","guid":{"rendered":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/?p=720"},"modified":"2026-02-18T11:29:40","modified_gmt":"2026-02-18T10:29:40","slug":"et-dieu-appellera-une-femme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/2026\/01\/27\/et-dieu-appellera-une-femme\/","title":{"rendered":"Et Dieu appellera une femme"},"content":{"rendered":"<p class=\"first-paragraph\">Le printemps est en avance, chaud. Comme si de rien n\u2019\u00e9tait.<\/p>\n<p>Nous nous tenons sous le grand ciel de banlieue, nous nous taisons, nous \u00e9coutons le silence. Le calme, comme dans une maison abandonn\u00e9e par une grande famille qui se d\u00e9chirait. C\u2019est dimanche, c\u2019est le matin ; dans les rues, derri\u00e8re la cl\u00f4ture, il n\u2019y a personne. Les rails du tram sont rouill\u00e9s apr\u00e8s l\u2019hiver. Les trams ne circulent plus depuis fin f\u00e9vrier. Les oiseaux percent le ciel, tombent comme les pommes d\u2019une poche, remarquent notre compagnie silencieuse, remontent prudemment, volent vers la rivi\u00e8re. Nous attendons, nous nous r\u00e9chauffons, nous pensons que les oiseaux sont de retour, le printemps arrive, cette \u00e9trange vie continue, nous entra\u00eene comme le courant emporte les chaussures des noy\u00e9s. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ces jours, quand le temps se fige tel un rayon de soleil sur la lame d\u2019un couteau, qu\u2019un seul mouvement imprudent, un coup maladroit, et la lumi\u00e8re se d\u00e9placera, et avec elle, la ville enti\u00e8re, ses collines, ses rues et ses oiseaux, et plus rien n\u2019arr\u00eatera l\u2019avanc\u00e9e de ses masses d\u2019air chaud, le d\u00e9placement des nuages br\u00fblants, du brasier du soleil. Mais pour l\u2019instant r\u00e8gne cette br\u00e8ve p\u00e9riode d\u2019\u00e9quilibre, \u00e0 peine perceptible, quand l\u2019hiver s\u2019\u00e9loigne comme un chien confiant, \u00e0 la distance d\u2019une main tendue, attend qu\u2019on l\u2019appelle. Le vent se l\u00e8ve, il fait vraiment chaud, tout le monde offre son visage au soleil : il fait bon sous ses rayons, on a envie de rester ainsi sans bouger. Rester et sentir passer la vie, impitoyablement et doucement. Mais on nous appelle. Nous nous retournons, \u00e9teignons nos portables et entrons dans l\u2019\u00e9glise.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9glise est pleine \u00e0 craquer, l\u2019int\u00e9rieur sent les v\u00eatements r\u00e9chauff\u00e9s pr\u00e8s du feu et les hommes qui ont pass\u00e9 un long moment sur la route. Beaucoup se sont en effet gar\u00e9s directement dans cette cour d\u2019\u00e9glise, craignant d\u2019\u00eatre en retard, apr\u00e8s avoir aval\u00e9 des kilom\u00e8tres toute la nuit sur les routes d\u00e9fonc\u00e9es. Les hommes, essentiellement des militaires, s\u2019agglutinent timidement pr\u00e8s de la sortie, \u00e0 tout hasard, comme des \u00e9coliers qui ont oubli\u00e9 de faire leurs devoirs et qui esp\u00e8rent maintenant que le professeur ne les remarquera pas. La plupart ne savent pas comment se comporter dans une \u00e9glise, et se montrent polis, on ne sait jamais. Il n\u2019y a pas beaucoup de femmes, elles s\u2019avancent vers le fond, plus proches du pr\u00eatre. Je remarque tout de suite Dina : regardez, dis-je aux miens, Dina a r\u00e9ussi \u00e0 venir. On l\u2019a amen\u00e9e pendant la nuit, r\u00e9pond quelqu\u2019un, elle n\u2019a pas pris le petit. Dina se tient au milieu des femmes qui l\u2019entourent, comme si elles voulaient la prot\u00e9ger, elles lui murmurent quelque chose, lui passent des objets, la touchent, l\u2019enlacent. Le pr\u00eatre se tient au milieu de l\u2019\u00e9glise, observe la foule silencieuse et humide, scrute attentivement, comme s\u2019il voulait comprendre qui \u00e9tait le chef. En fin de compte, il se tourne vers Dina, s\u2019approche d\u2019elle, lui chuchote quelques mots avec confiance et conviction. Dina acquiesce. Que lui reste-t-il ?<\/p>\n<p>Le pr\u00eatre est dess\u00e9ch\u00e9, avec des lunettes qui font croire qu\u2019il appartient \u00e0 l\u2019intelligentsia. Quand il cite les \u00c9critures, on dirait que les citations sont de lui. Il ne sait pas tr\u00e8s bien non plus comment se comporter avec les militaires dont les chaussures sont encore macul\u00e9es de sang. Il tourne autour d\u2019eux, explique, comme \u00e0 des enfants dans un mus\u00e9e, ce qu\u2019on peut toucher et ce qu\u2019on ne peut pas. De temps \u00e0 autre, il regarde en arri\u00e8re, vers le cercueil, vers le d\u00e9funt.<\/p>\n<p>Tout le monde regarde le d\u00e9funt, comme s\u2019ils voulaient s\u2019assurer que c\u2019\u00e9tait bien lui. Celui qui ne l\u2019a pas vu depuis longtemps pourrait ne pas le reconna\u00eetre. Le visage est cireux, les traits sont flous. Comme si une main n\u00e9gligente avait touch\u00e9 son visage. Les cheveux sont coiff\u00e9s en arri\u00e8re, les rides sont couvertes de maquillage. Les mains sur la poitrine sont lourdes, noires. Il y a une trace d\u2019alliance sur un doigt mort.<\/p>\n<p>Les hommes le regardent comme avant, de mani\u00e8re interrogative : ils se sentent toujours sous son autorit\u00e9, le traitent comme leur commandant. Les femmes le regardent avec piti\u00e9, autrement dit, comme un mort. Tout le monde se salue, bien que tout le monde ne se connaisse pas. La mort r\u00e9unit, elle est comme un tram, peu importe comment on s\u2019y est retrouv\u00e9, l\u2019essentiel est de savoir o\u00f9 on doit descendre.<\/p>\n<p>Je pense dans un premier temps aller devant, plus pr\u00e8s de Dina, saluer mes connaissances, mais je m\u2019arr\u00eate : que faire parmi les femmes, que leur dire ? Du reste, ici il convient de se taire, se taire et \u00e9couter. Tout le monde le fait : ils se taisent et \u00e9coutent, pendant que le pr\u00eatre distribue les bougies, les place entre les doigts de l\u2019homme qui refusent d\u2019ob\u00e9ir, comme s\u2019il les enfon\u00e7ait entre les branches d\u2019un arbre, puis il se met \u00e0 chanter, et tout le monde \u00e9coute et se tait. Regarde tout autour \u00e0 la recherche de connaissances. Et apr\u00e8s avoir reconnu quelqu\u2019un, chacun fait un signe de t\u00eate, se concentrant de nouveau sur la voix du pr\u00eatre.<\/p>\n<p>Personne n\u2019\u00e9coute vraiment les mots. Quelque chose sur la mis\u00e9ricorde et la m\u00e9moire, quelque chose comme \u00e7a : la mis\u00e9ricorde et la m\u00e9moire. C\u2019est ce qu\u2019il essaie de rendre audible, d\u2019expliquer. Pour que nous comprenions, pour que tout cela ait un sens. Sa voix est basse, elle devient toute petite face \u00e0 cette mort, elle se perd. La mort est v\u00e9ritablement grande, elle projette une ombre lourde et froide, recouvre tout d\u2019obscurit\u00e9 et d\u2019humidit\u00e9. Et chacun se dresse, regarde le visage jaune du mort, respire l\u2019air o\u00f9 la cire fondue sent les manteaux militaires humides, pense au soleil dans la cour, derri\u00e8re le mur, \u00e0 l\u2019herbe s\u00e8che, aux rails du tram vides, r\u00e9fl\u00e9chit et ne comprend rien au sujet de la mis\u00e9ricorde ni de la m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Le pr\u00eatre s\u2019aper\u00e7oit que personne ne le comprend. Mais il faut parler : la pr\u00e9sence de la mort pr\u00e9voit que quelque chose d\u2019important soit exprim\u00e9, quelque chose d\u2019\u00e9vident, quelque chose qui permettra de laisser partir le d\u00e9funt, avec ses mains lourdes, ses c\u00f4tes bris\u00e9es par les balles, cach\u00e9es sous le linceul blanc. Le pr\u00eatre regarde autour de lui et son discours devient plus confiant, interrogateur, s\u2019adressant essentiellement aux femmes qui se tiennent pr\u00e8s du cercueil, comme si elles avaient peur pour lui, comme si elles devaient se disputer pour lui, comme si elles avaient l\u2019intention de l\u2019emporter, avec l\u2019homme mort sous son linceul blanc.<\/p>\n<p>Je remarque que Dina a chang\u00e9 depuis deux mois, quand je l\u2019ai vue la derni\u00e8re fois. Comme si une ombre \u00e9tait descendue sur elle. Et la carnation de sa peau, mate, pr\u00e9cieuse, a soudain perdu de sa densit\u00e9, se fondant dans le cr\u00e9puscule ambiant. Du reste, sa robe sombre lui va tr\u00e8s bien, son manteau l\u00e9ger, m\u00eame ses lunettes, derri\u00e8re lesquelles elle pourrait cacher ses larmes. Grande, r\u00e9serv\u00e9e, f\u00e2ch\u00e9e contre la vie, en pr\u00e9sence de la mort elle devient encore plus convaincante. Elle se tient pr\u00e8s du cercueil, du c\u00f4t\u00e9 o\u00f9 il y avait l\u2019alliance sur la main morte. Elle se dresse comme pour rappeler \u00e0 tout le monde qu\u2019elle a le droit d\u2019\u00eatre l\u00e0 o\u00f9 elle est. Personne ne conteste. Tout le monde compatit.<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 que le pr\u00eatre se met \u00e0 parler surtout pour elle, Dina, comme s\u2019il comprenait qui dans l\u2019assistance avait le plus besoin de ses paroles, de ses chants. Dina regarde le pr\u00eatre, acceptant tout et ne reniant rien : d\u2019accord pour la mis\u00e9ricorde, d\u2019accord pour la mis\u00e9ricorde et la m\u00e9moire, dites tout ce qu\u2019il convient en pareilles circonstances. Le pr\u00eatre parle et se tient, petit et intr\u00e9pide, entre cette femme silencieuse et la grande mort, suspendue en l\u2019air, qui p\u00e8se, respire lourdement, comme un animal qui a suivi longtemps une victime bless\u00e9e.<\/p>\n<p>Puis elle enl\u00e8ve ses lunettes et regarde droit devant elle, de ce regard sec de charbon que personne n\u2019est capable de soutenir, et je remarque que toutes les femmes pleurent, elles pleurent en regardant le mort. Seule Dina ne pleure pas, elle regarde et ne pleure pas. Et cela rend la situation r\u00e9ellement insupportable, on a envie de sortir dans la rue, sous le soleil, on a envie de respirer et de parler. Je remarque aussi que Dina ne regarde pas le d\u00e9funt, pas son visage jaun\u00e2tre, elle regarde de c\u00f4t\u00e9, au-del\u00e0 de la mort, o\u00f9 dans un recoin, un peu \u00e0 part, se tient perdue une autre femme, maigre, aux cheveux blonds coup\u00e9s court. Je la reconnais aussi : Anna. Nous ne nous connaissions pas bien, mais ces derniers mois, depuis f\u00e9vrier, je l\u2019ai vue plusieurs fois. Elle porte une veste militaire, elle n\u2019est pas maquill\u00e9e. Elle se tient l\u00e0 et regarde Dina, tout comme elle, droit dans les yeux, sans d\u00e9tourner le regard, et br\u00fble tout de ses yeux verts. Et personne ne semble le remarquer ; ne remarque pas comment elles se regardent l\u2019une l\u2019autre, comment elles regardent tout autour, comment autour d\u2019elles s\u2019\u00e9paissit l\u2019obscurit\u00e9.<\/p>\n<p>Presque semblables par leur immobilit\u00e9, leur blessure, leur d\u00e9sespoir. Et en m\u00eame temps, tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Dina regarde la mort comme il se doit, unique h\u00e9riti\u00e8re, avec dignit\u00e9 et d\u00e9dain, et sa blessure embrasse toutes ces ann\u00e9es, qui sont rest\u00e9es derri\u00e8re et qu\u2019elle consid\u00e8re comme sa propri\u00e9t\u00e9, que nul ne peut lui prendre, puisque c\u2019est son pass\u00e9, avec ses trahisons et ses secrets, ses renoncements et sa mal\u00e9diction ; et maintenant, elle va les emmener loin d\u2019ici, avec ce cercueil, et toute l\u2019histoire de sa vie avec le d\u00e9funt qui a dur\u00e9 dix (dix !) ans s\u2019ach\u00e8vera, et il n\u2019y aura plus rien, except\u00e9 l\u2019ombre de la mort, seulement la mis\u00e9ricorde et la m\u00e9moire, seulement deux alliances au doigt, la sienne et celle du d\u00e9funt.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019Anna regarde tout cela et \u00e9touffe son propre d\u00e9sespoir, et essaie de s\u2019accrocher dans ces t\u00e9n\u00e8bres au moins \u00e0 quelque chose, \u00e0 son droit d\u2019aimer, d\u2019\u00eatre ensemble, de ne pas avoir honte pour ce bref rapprochement des derniers mois, si court mais si intense, si profond. Et elle se dit qu\u2019on lui enl\u00e8ve tout ce qui la faisait vivre, on le lui prend parce qu\u2019elle n\u2019avait pas le moindre droit \u00e0 tout cela, ni \u00e0 la vie, ni \u00e0 la mort, ni \u00e0 la mis\u00e9ricorde, ni \u00e0 la m\u00e9moire. Car m\u00eame son souvenir sera, pour le temps qu\u2019il reste, cach\u00e9 aux autres : \u00e0 l\u2019\u00e9pouse endeuill\u00e9e de cet homme mort, \u00e0 ses amis qui ne sont pas devenus ses amis, \u00e0 ces femmes dont elle ne conna\u00eet pas les noms et qu\u2019elle n\u2019a d\u2019ailleurs aucune envie de conna\u00eetre.<\/p>\n<p>Elles se tiennent debout, se reconnaissant l\u2019une l\u2019autre, se taisent, ne se parlent pas. Elles attendent le moment d\u2019emporter le mort. Mais seule Dina sait que c\u2019est elle qui l\u2019emportera. Anna aussi en est consciente. Elle l\u2019a toujours \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le pr\u00eatre, finalement, se tait, donne des ordres aux hommes. Tout le monde sort dans la cour, \u00e0 l\u2019air frais. Tout le monde prend son portable, v\u00e9rifie les appels. Dina et Anna s\u2019\u00e9loignent de la foule, chacune de son c\u00f4t\u00e9, sortent aussi leurs t\u00e9l\u00e9phones. Dina a deux dizaines de messages, essentiellement des amis communs, qui pr\u00e9sentent leurs condol\u00e9ances, t\u00e9moignent de leur soutien, un appel du fils, un appel du commandement. Anna n\u2019a qu\u2019un appel, celui de sa maman, qui lui demande de payer son abonnement t\u00e9l\u00e9phonique.<\/p>\n<p><strong>Serhiy Jadan, <em>Personne ne demandera rien. Nouvelles de Kharkiv<\/em>, avec des dessins de l&rsquo;auteur, traduit de l&rsquo;ukrainien par Iryna Dmytrychyn, \u00a9 \u00c9ditions Noir sur Blanc, 5 f\u00e9vrier 2026<\/strong><\/p>\n<p><em>Nouvelle publi\u00e9e le 28 janvier 2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des moments vol\u00e9s dans une ville en guerre. Bien s\u00fbr la mort est la plus forte. Mais l\u2019\u00e9crivain et chanteur de rock ukrainien Serhiy Jadan dessine et \u00e9crit ses \u00ab nouvelles de Kharkiv \u00bb avec libert\u00e9 et sans pathos. Le recueil <i>Personne ne demandera rien<\/i> a paru aux \u00c9ditions Noir sur Blanc, dans la traduction de Iryna Dmytrychyn. <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":887,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_gspb_post_css":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"coauthors":[7],"class_list":["post-720","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"blocksy_meta":{"styles_descriptor":{"styles":{"desktop":"","tablet":"","mobile":""},"google_fonts":[],"version":7}},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/720","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=720"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/720\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":950,"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/720\/revisions\/950"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/media\/887"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=720"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=720"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=720"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/supplements.aoc.media\/le-voyage-en-ukraine\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=720"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}